Roses anciennes normandes : " Le Jardin des oubliées "

 

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 Rosa damascena ‘Damas Violacé’

Il n’est pas un instant où, l’esprit un peu plus libre, je vois défiler sous mes yeux les photographies et les descriptifs des roses que j’essaie d’identifier. Ce travail de patience finit par se voir couronné de succès. La collaboration établie  depuis plusieurs années déjà avec Daniel Lemonnier qui m’avait confié ce rosier retrouvé au centre de Bernay dans l’Eure, me motive à poursuivre mes investigations.

Depuis 5 ou 6 ans maintenant, j’ai ce rosier au jardin et il ne m’a pas été compliqué de voir qu’il appartenait au groupe des Damascena. Mais c’est le nom donné à la variété qui m’a demandé plusieurs années de recherches et de vérifications.

Ainsi, je peux affirmer que ce rosier se nomme ‘Damas violacé’ et qu’il a été créé par Mr Godefroy de Ville-d’Avray (1770-1850). Le descriptif qui suit est de Prévost fils, il est tiré de son Catalogue descriptif de 1829. « Ovaire turbiné ob-conique, glabre au sommet. Fleur moyenne, très pleine, rose très pâle ou carné. Pétales nombreux, très minces, les intérieures plissés et finement ondulés ». Le Manuel complet de l’amateur de roses de Boitard (1836) ajoute que « l’arbrisseau a de rares aiguillons, minces entremêlés de soies nombreuses et glanduleuses ».  Cette rose était nommée ‘Belle fleur’ ou ‘La divinité’ à Rouen. Dans le catalogue de 1831, de Godefroy, cette rose est aussi nommée ‘La modeste’ ; en revanche, dans celui de Gustave Thierry de Caen, en 1837,  où 1211 variétés sont décrites, aucun nom n’est mentionné pour cette rose. J’en ai également fait un herbier dont les pièces sont détaillées afin de ne pas oublier ce travail.

On retrouve, dans des catalogues anciens, cette rose sous le surnom de ‘Blush Damask’ ; jamais le nom de son obtenteur ni sa date de création n’y est mentionnée. Cette synonymie  apparaît vers 1785, outre-manche, avec la précision que la fleur est rose ! Peut être y a-t-il confusion avec un autre rosier (disparu ou confondu) : ce dont je suis sur, c’est que la plante que j’ai sous les yeux correspond bien aux descriptifs que j’ai croisés pour la déterminer.

Il serait bon que l’on puisse renommer correctement cette rose ainsi que toutes celles qui sont ré-identifiées avec certitude par le petit groupe de personnes, amateurs et professionnels, soucieux de démêler toutes les confusions qui se sont installées au fil des ans dans notre pays et ailleurs.        

Éric Lenoir. Jardin des oubliées, BALLEROY. Calvados.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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